Octobre et ses flamboyants costumes d’Halloween nous quittent (laissant derrière eux une montagne de bonbons à rabais dans les épiceries, en passant, pour les intéressé.es). Novembre, quant à lui, prend tranquillement le relais, le visage un peu gris et désabusé, même à sa première journée de travail. Et la vérité, c’est que y’a pas juste novembre qui a la mine tristounette, y’a pas mal de gens qui se sentent dans le même bateau que lui!

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La déprime saisonnière: qu’est-ce que c’est?

Raccourcissement des jours, diminution des heures d’ensoleillement, diminution de la température, la routine qui commence à être beaucoup trop répétitive: tous des facteurs qui peuvent contribuer à nous déprimer. Et même si on se sent consterné.es par tous ces changements, ils vont inévitablement se pointer le bout du nez – peu importe combien de fois on dit « HÉ qui fait ben noir de bonne heure astheure. » MAIS! Pour chaque lot de facteurs que l’on ne peut pas contrôler dans une situation, il y a toujours un lot sur lequel on peut agir et essayer de faire une différence! Et parmi ces facteurs, il y en a un qui semble particulièrement efficace pour diminuer ou contrer cette vague de morosité, et j’ai nommé : faire du sport!

Outre les nombreux bienfaits déjà connus de l’activité physique sur les composantes musculaires et cardio-vasculaires, ainsi que sur la diminution de plusieurs facteurs de risque associés aux maladies cardio-vasculaires ou certains types de cancer, il existe aussi d’importants bénéfices au niveau du cerveau et du système nerveux central. Essayons de mieux comprendre le lien entre la santé mentale et le sport. Au même titre que deux personnes utilisent une langue commune pour se comprendre, le cerveau et le corps utilisent leur propre langage pour communiquer pendant et après la pratique d’un sport. Ce langage se traduit cependant des échanges chimiques plutôt que par des phrases, et utilise des neurotransmetteurs plutôt que des mots pour envoyer ses messages. Il n’est donc pas rendu aux emoji encore.

Donc, ça fonctionne comment, ce langage-là?

Lorsqu’on fait du sport, le corps libère naturellement certains neurotransmetteurs, qui nous permettent de vivre un sentiment de bien-être accru en raison des deux processus suivants :

  • La quantité de dopamine, un neurotransmetteur associé au plaisir et à la motivation, augmente automatiquement dans une partie du cerveau qui se nomme le tronc cérébral. Cette production de dopamine stimule ce qu’on appelle le circuit de la récompense, processus par lequel la personne est incitée à refaire du sport pour recréer la sensation de satisfaction associée à son expérience passée.
  • D’un autre côté, une grande quantité tryptophane est aussi libérée dans le cerveau, composé servant à la fabrication de la sérotonine, un neurotransmetteur qui est diffusé lorsqu’on se sent important et utile, et qui vient aussi contrebalancer l’effet addictif créé par la dopamine.
  • La libération d’endorphines agit aussi à titre d’anti-douleur et de «boost» après un certain temps d’activité physique (ex. le second souffle chez un coureur).  L’effet de l’endorphine est similaire à celui amené par la prise de morphine, raison pour laquelle on l’appelle aussi la «morphine endogène» du corps (c’est-à-dire une morphine naturelle générée par le corps lui-même). Cela contribuerait aussi à la réduction du niveau de cortisol sans le sang, venant donc diminuer le niveau de stress et d’anxiété chez la personne.

La pratique d’activité physique permet aussi de décrocher et de déconnecter de nos pensées récurrentes ou négatives. Lorsqu’on est en action, l’activité du cortex pré-frontal (devant de votre cerveau) diminue pour venir compenser l’augmentation de l’activité nerveuse des régions situées plus à l’arrière du cerveau (responsables de la perception, la planification, ainsi que l’exécution des mouvements).

Alors si jamais on se sent triste, on fait du sport, et tout devrait mieux aller?

Oui et non.  Même si faire du sport est un bon moyen de maintenir un équilibre chimique optimal au niveau de notre cerveau, il arrive parfois que, pour un ensemble de facteurs psycho-sociaux, environnementaux et biologiques qui diffèrent grandement d’un individu à un autre, il se forme un déséquilibre entre la sérotonine et d’autres neurotransmetteurs complémentaires, comme la dopamine encore la noradrénaline (joue un rôle dans la régulation des émotions, du sommeil et de l’attention), et ce, bien malgré nous. Ce déséquilibre se caractérise aussi par une perte de plaisir et une humeur triste soutenue pendant plusieurs semaines, aussi plus connu sous le nom de dépression – ou encore d’une dépression saisonnière à ce temps-ci de l’année.

La distinction entre la déprime et la dépression est d’ailleurs plus qu’importante à souligner et à mettre de l’avant. Pour citer Olivier Bernard (aka notre Pharmachien préféré) dans un de ses articles : « La dépression n’est pas un manque de volonté ou d’entrain. C’est une condition grave et complexe qui implique les pensées et la chimie du cerveau, et elle s’installe sans que la personne ne s’en rende compte ». On vous invite d’ailleurs à aller lire sa BD sur la différence entre la déprime et la dépression, deux mots qui sont utilisés souvent à tort comme synonyme. On vous rappelle que la dépression est une maladie et qu’il est primordial de voir un médecin rapidement si vous ou un de vos proches semble atteint.es.

On vous invite aussi d’ailleurs à être super vigilant.es et à l’écoute de votre entourage à cette période de l’année où même les plus boute-en-train d’entre nous peuvent vivre des moments creux, sans que ça ne paraisse (si t’es pas convaincu.e de la différence que tu peux faire dans la vie d’une personne en crise d’anxiété ou en dépression, regarde cette vidéo et on s’en reparlera après!)

Cela étant dit, peu importe la raison de votre manque baisse de motivation ou de votre humeur maussade, voici quelques trucs pour vous aider à commencer ou recommencer à bouger sainement :

  • Identifier une activité que tu aimes faire : l’activité physique la plus optimale est celle que tu as envie de faire! Même si ta chum Marie te dit qu’elle adore courir et que c’est ce qui la motive à bouger, ça veut pas dire que t’es obligé d’aimer ça! Marche, escalade, musculation en salle, cours de danse, cours de ballet (of course), yoga, pilates, alouette!
  • Considère le sport comme une prescription: Si ton médecin te prescrit un médicament 1x/jour à tous les jours pour que tu puisses profiter de tous les effets bénéfiques, tu vas probablement respecter ta prescription, right? Et voilà.
  • Vois l’exercice comme ton ami au lieu de ton ennemi: rien à rajouter sur celui-là!
  • Fixes-toi un objectif atteignable: si tu sens que t’es dans une passe où tu manques d’énergie, c’est pas le temps de t’inscrire et de t’entrainer pour un demi-marathon à l’instant, on se comprend ici.
  • Mets le fun avant la performance : rappelle-toi toujours que le but, c’est l’assiduité! Autrement dit, il faut que tu te pointes à ton entraînement/cours. So what si t’es moins bon.ne que d’habitude? L’important, c’est de show up. Une relation saine avec le sport, ça commence par accepter que y’a des jours où on est poche, pis c’est ben correct comme ça!
  • Venir avec un.e ami.e: parce qu’à deux, ça se motive mieux!

Enfin, sache que dans tous les cas, notre belle gang de #ballerinedudimanche est là pour toi! Tu veux venir faire un cours, mais tu sens qu’une heure, c’est trop long pour toi en ce moment? Viens juste faire 30 minutes. On sera pas choquées personne. T’as envie de bouger mais tu te sens pas en grosse forme? Viens faire le cours de stretch ou de barre au sol, sentiment de bien-être en sortant garanti! Pas le goût d’enfiler tes leggings dans le froid? On vote pour que tu viennes faire ton cours en pyjama #noshame. À la gang, on va mettre un peu de soleil dans la froidure de novembre <3

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Tourlou!